Mézièristes d'Europe
de la
Stricte observance.

Paul BARBIEUX

Pour le Luxembourg
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Découverte Princeps

AVANT PROPOS

Chapitre I LA METHODE CLASSIQUE
I Ses notions.
II Son traitement.
III Ses résultats.

Chapitre II MES OBSERVATIONS – LEUR ENSEIGNEMENT

I Déviation dans le sens antéro-postérieur.
II Déviation dans le sens latéral.
III Déformations thoraciques.
IV Autres effets de la lordose.
V Les pieds plats.
VI Conclusion.

Chapitre III DONNEES SCIENTIFIQUES

A Données scientifiques.
B Conclusion.
C De la méthode, ses buts- ses moyens.
D Conclusion.

AVANT- PROPOS

Les observations faites au cours de dix années d’exercice m’ayant amenée à une conceptiondes causes et du traitement des déviations vertébrales avec les idées classiques, en opposition formelle avec les idées classiques, je les ai minutieusement vérifiées et, c’est parce que , outre les bons résultats obtenus, je n’ai jamais eu à déplorer d’aggravation depuis que je l’applique, que je tiens cette Méthode et les Principes auxquels elle répond, pour justes et que je les expose.

Par ailleurs l’expérience m’a révélé que les algies consécutives aux subluxations vertébrales et discales et celles attribuées à des « rhumatismes » et à la décalcification (parce qu’à vrai dire, leur cause réelle est ignorée), ont la même origine que les déviations vertébrales.

Il s’est encore avéré qu’il faut rapporter à cette notion concernant l’origine des déviations, les inégalités vicieuses des membres ainsi que les arthroses qui en résultent.

L’application à ces cas du procédé de redressement rachidien que j’ai adopté, a confirmé, par ses résultats, ma conviction et l’efficacité du traitement ;

Afin qu’apparaisse nettement, la différence totale existant entre les principes classiques et la méthode qui en découle, d’une part , et ceux que j’expose d’autre part, je vais, au préalable, rappeler brièvement les données orthodoxes. Ce parallèle mettra encore en évidence la raison des déboires que l’on connaît en appliquant les principes classiques.

Je citera ensuite les observations qui m’ont imposé les conclusions constituant ma théorie et j’exposerai comment celle-ci est en accord avec les données scientifiques actuelles (qui n’en étaient pas le point de départ).

Enfin j’indiquerai les bases de la méthode qui en découlent.

CHAPITRE PREMIER

LA METHODE CLASSIQUE

I. SES NOTIONS.

Bien que ses vues n’aient été nettement définies par aucun des auteurs de traité de gymnastique orthopédique, on peut déduire de leurs ouvrages les principes suivants :

- L’équilibre debout est assuré par la force des muscles postérieurs (principalement les spinaux), et de leurs auxiliaires abdominaux, force qui s’oppose à l’action de la pesanteur, laquelle agit en avant de l’axe vertébral.

- Le rachis est comparé à un ressort, verticalement érigé, que la pesanteur tend à fléchir en avant et que soutiennent les muscles.

Ainsi un sujet normal, debout contre un mur, serait en contact avec celui-ci par les fesses, le dos et l’occiput.

Les déviations seraient la conséquence de la défaillance des muscles antagonistes de la pesanteur et le segment dorsal, normalement incurvé en avant, serait le premier à fléchir.

Cette cyphose dorsale entraînerait l’exagération, par compensation, des segments adjacents.

On admet encore que la cyphose dorsale pourrait être, au contraire, la compensation d’une lordose lombaire causée par une angulation exagérée du bassin sur les articulations coxo-fémorales. Les muscles abdominaux, grands fessiers et ischio-jambiers , hypotoniques, ne parviendraient à équilibrer la pesanteur de l’abdomen et l’hypertonie du psoas-iliaque, qui provoqueraient cette bascule du bassin en avant.

Quant à la raideur, elle paraît être le fait des articulations vertébrales du dos. Un seul auteur note bien la raideur musculaire et l’attribue à la croissance. (les os grandiraient plus que les muscles) ; il l’appelle « raideur juvénile » les ischios jambiers en seraient le plus fréquemment atteints.

Les professeurs d’éducation physique me paraissent y attacher plus d’importance que les spécialistes.

La raideur musculaire n’est donc pas considérée comme un facteur de déviation vertébrale et il s’agirait toujours, uniquement, d’hypotonie ou de déséquilibre de la tonicité de groupes musculaires antagonistes (le mot tonicité a ici le sens de force)

La faiblesse étant à l’origine des déviations, on en a établi la progression. Ainsi, on part de ‘l’attitude asthénique », apanage des « constitutions débiles », qui engendrerait des « paramorphismes », déformations légères, pour aboutir aux « dysmorphismes » nettes déviations auxquelles on reconnaît des degrés (en général
Trois) , qui marquent les stades d’aggravation.

Pourtant, les danseurs, sportifs et acrobates, qui ne sont pas précisément des asthéniques, ne sont point exempts d’en être affligés, au contraire, et les déviations, si fréquentes chez eux, semblent infirmer cette notion d’hypothénie ou d’asthénie à l’origine.

D’autre par, si une telle conception de la statique debout paraît expliquer que les courbures puissent s’exagérer, elle ne peut définir les causes des autres déviations.

La scoliose, notamment, ne peut être due à l’action de la pesanteur, celle-ci étant répartie à peu près également à droite et à gauche et la force musculaire n’ayant pas à l’équilibrer.

On cherche alors dans le spasme des spinaux, qui est généralement visible d’un côté, la raison d’une flexion latérale, mais le siège de ce spasme est variable ; il se trouve tantôt dans la concavité, tantôt et le plus souvent, dans la convexité. Son origine est encore hypothétique.

Cependant on croit connaître la cause des scolioses dites « statiques ».
Celles-ci coexistent avec un déséquilibre du bassin, conséquence, soit de l’inégalité des membres inférieurs (cette dernière est en général, attribuée à leur croissance asymétrique) soit de l’affaissement de la voûte plantaire d’un côté.

Ces scolioses doivent présenter une convexité lombaire du côté du membre le plus court.

Pourtant, on en rencontre fréquemment dont la convexité lombaire siège du côté du membre le plus long !
Faute de pouvoir expliquer ces scolioses on se contente de les appeler « paradoxales » ;

Donc, à l’exception des scolioses statiques non paradoxales, il ne peut être donné de raisons valables des déviations et on leur en a imaginé toutes sortes. On incrimine aussi bien : les attitudes vicieuses, professionnelles ou scolaires (d’ou le nom de scolioses), ou provoquées par la myopie, le port de fardeaux, les troubles glandulaires (en particulier de l’adolescence ou de la ménopause) « l’insuffisance respiratoire », les maladies débilitantes (typhoïde, scarlatine, etc), le port de bretelles !

A ces mêmes causes est attribuée l’hypotonie des « sustentateurs » de voûte plantaire (long péronier latéral et, pour certains, jambier antérieur), qui engendrerait les pieds plats.

Le sujet est examiné debout et il faut se garder d’y toucher pendant qu’on l’observe. Il est ensuite préconisé de noter les mesures prises à l’aide du fil à plomb, du crayon dermographique, du spiromètre,etc

En dépit de l’imprécision des mesures que l’on peut prendre, il est recommandé d’apprécier, lorsqu’il s’agit de scoliose, l’écartement maximum de chaque courbure latérale, par rapport à la ligne médiane.

En effet, tandis qu’il est acquis que la pesanteur ne peut agir latéralement sur le rachis, on admet que les courbures latérales tendent à se compenser. Lorsqu’elles sont équivalentes, la déviation est « équilibrée », c’est-à-dire stabilisée. En conséquence, le traitement en est proscrit !

La radiographie est bien utilisée mais rares sont les praticiens qui comparent les clichés du rachis pris de face et de profil, debout et couché, et l’attention se porte surtout sur la région qui, dans l’attitude debout, est déviée. Ces clichés sont presque toujours pris couché.

Déduit de cet examen le diagnostic par des spécialistes différents, est souvent contradictoire et ce qui est une Cyphose pour les uns est appelé lordose par les autres ;

II SON TRAITEMENT.

Le traitement découlant de ces notions comporte l’assouplissement des articulations des segments raides par des manipulations, pressions et exercices dits « d’extension » (c’est-à-dire de flexions dorsales), et l’entraînement des muscles postérieurs, principalement des spinaux de la région convexe et de leurs auxiliaires abdominaux.

Toutefois, pour ceux-ci, beaucoup évitent de les trop muscler, prétendant qu’étant fléchisseurs du thorax et expirateurs, leur développement entraîne la cyphose et l’insuffisance respiratoire.

Les exercices destinés à tonifier ces muscles sont exécutés sur une position de départ dite « correcte », qui vise à inverser les courbures inverses de celles que présente le malade.

Ainsi l’on s’adresse séparément à chaque courbure, agissant (dans le plan horizontal, soit d’avant en arrière, soit transversalement), toujours perpendiculairement à l’axe (vertical) du rachis. Faire bomber les concavités, enfoncer les convexités est la grande affaire.

Dans certains cas même (notamment pour les scolioses statiques), on ira jusqu’à rechercher l’hypercorrection .

Mieux, la logique, poussée jusqu’à l’absurde, permet aussi de créer, dans les cas de scolioses, de nouvelles convexités en vue « d’équilibrer » celles déjà existantes !

L’idée juste d’étirer en entier le ressort tassé qu’est la colonne vertébrale (c’est-à-dire d’agir parallèlement à son grand axe) est certes admise, et cette action bienfaisante est recherchée par beaucoup. Mais d’une part, ce but rationnel n’est pas exclusivement visé et, d’autre part, les suspensions manuelles ou capitales (dont on comprendra l’action réelle par la suite), sont les seules systèmes utilisés pour l’atteindre.

De même, l’antique moyen de redressement encore utilisé dans les familles princières pour donner aux enfants le noble maintien convenable à leur futur état de souverains, le port de fardeaux sur la tête est aussi accepté.

Peu l’utilisent car c’est de l’effort, fait pour soutenir le poids que l’on attend un effet correctif (parce que tonifiant), en sorte que beaucoup de praticiens le proscrivent comme trop pénible pour des asthéniques incapables de se soutenir eux-mêmes, pensant qu’il ne faut pas encore ajouter l’action de la pesanteur.

Enfin certains commencent la leçon par une « mise en train ». Celle-ci a été établie et est utilisée par les professeurs d’éducation physique, pour échauffer les muscles et activer le travail cardiaque et respiratoire avant l’effort de la leçon. Elle consiste en mouvements généraux d’intensité et de rythme moyens.

Voici quelques exemples d’exercices classiques qui mettent en évidence l’importance donnée au travail des abdominaux et des dorsaux pour le traitement des déviations. Ils font apparaître que l’on vise par la position de départ, à inverser les courbures excessives ou anormales.

1° Cas d’exagération des courbures normales.

Les abdominaux seront exercés avec la position de départ en décubitus. Des coussins disposés l’un sous le dos, l’autre sous le sacrum mettront le dos en concavité et les lombes en convexité. Les genoux seront fléchis ou les jambes tendues et élevées au-dessus de 45 degrés, pour éviter la participation du psoas au mouvement de flexion de la cuisse .

Les dorsaux seront exercés en procubitus, un coussin sous le ventre pour mettre les lombes en convexité. On fera faire « l’extension » (c’est-à-dire la flexion dorsale), au-dessus de la région lombaire.

2° Cas d’inversion vertébrale.

Pour exercer les abdominaux, le sujet sera assis, incliné en arrière et appuyé sur les coudes (afin, croit-on de lui arrondir le dos).

Les mouvements des membres inférieurs tendus seront effectués au-dessus de 45 degrés (afin d’entraîner, en même temps que la contraction des abdominaux, celle du psoas, qui produit l’ensellure).

Pour exercer les dorsaux, le sujet sera en procubitus, sur une table, appuyé sur les coudes (pour arrondir le dos), les mains tenant les bords de la table.

L’élévation, en arrière, des membres inférieurs tendus, provoquera la contradiction des spinaux de la région lombaire.

Dans la même attitude, l’extension de la tête contre l’opposition qu’effectue le praticien est fréquemment utilisée.

3° Cas de scoliose en S à convexité dorsale droite et lombaire gauche.

Outre les exercices des abdominaux exécutés sur une position de départ corrigeant, dans le plan antéro-postérieur la tendance du sujet, on s’adressera à la déviation par des exercices asymétriques, comportant :
- l’élévation du bras gauche (pour attirer, de ce côté, le segment dorsal).
- L’adduction en extension du membre inférieur droit (ce qui équivaut à le raccourcir en sorte
- Que le bassin s’inclinera de ce côté, entraînant une convexité lombaire droite).

4° Les pieds plats.

En ce qui concerne les pieds plats, le traitement comporte des exercices des « sustentateurs » de la voûte plantaire ; en outre le port, dans les chaussures , d’appareils en forme d’arche de pont, relevé du côté interne placés au niveau de l’avant tarse pour soutenir la voûte affaissée est prescrit.

5° La gymnastique respiratoire.

Quant aux exercices respiratoire ils font aussi partie du traitement des déviations vertébrales et l’augmentation de la capacité thoracique (indice de robusticité) est le but visé – mais les méthodes les plus diverses sont appliquées.

Les unes adoptent , à l’exclusion, de tous autres, tel ou tel type respiratoire ; les autres préconisent de faire pratiquer successivement au cours d’une même inspiration les trois …

Les unes commandent l’inspiration et l’expiration nasale, les autres l’inspiration nasale et l’expiration buccale.

Une telle diversité semble tenir plus de la fantaisie que d’une règle basée sur des observations au cours du traitement des dysmorphismes !

III SES RESULTATS

Tous ces procédés aboutissent à des résultats si décevants, que l’on a recours à des moyens complémentaires ou plus énergiques, et certains spécialistes même substituent ces derniers à la gymnastique : utilisation de savants appareils, mécanothérapie « chiropractie », corsets, plâtres, dont les effets sont pourtant aussi malheureux.
L’intervention chirurgicale est, par la greffe, l’ultime remède auquel on recourt.

On comprend pourquoi l’efficacité du traitement kinésique est si différemment apprécié :

Certains pensent, que passé la croissance, la gymnastique est sans effet .
J’ai fréquemment vu, sous ce prétexte, le traitement refusé par les Assurances sociales, qui, par contre, acceptaient le corset. D’autres estiment incurables les scolioses du troisième degré, c’est-à-dire raides et comportant torsions et gibbosités.

Enfin de l’aveu même des « médecins gymnastes » l’amélioration des cyphoses ne parvient pas à franchir la « zone ingrate » c’est-à-dire que le niveau des omoplates ne peut être corrigé par les exercices d’extension.
La raideur de cette région est réputée rebelle.

Devant ces faits, on est amené à douter de cette méthode et des principes, apparemment si logiques, sur lesquels elle a été édifiée.

Pour ma part, je n’ai pu me résigner à ces échecs.

Etant donné que le travail peut accroître l’élasticité et la force des muscles j’avais la conviction qu’il devait être possible de remédier par la gymnastique à toutes les déformations d’origine musculaire.

Cependant, loin de penser devoir établir une méthode, j’espérais, par une grande attention, éviter les erreurs de technique qui devaient détruire les bons effets de la thérapeutique orthodoxe.

Appliquant cette dernière, j’avais noté, non seulement la fréquence des aggravations, mais encore le fait que lorsque l’on parvient à améliorer une région, une autre se déforme. C’est ainsi qu’il arrive de voir une cyphose disparaître au profit d’une scoliose. Un ventre prolabé dans la région sous-ombilicale chez un sujet de type respiratoire abdominal peut faire place à une hypertrophie des régions sus-omilicale et thoracique inférieure, malgré tous les exercices du transverse et des inspirations du type costal-supérieur.

J’apportais donc la plus grande attention à observer l’effet, sur tout le corps, des exercices destinés à corriger une région.

CHAPITRE II

MES OBSERVATIONS - LEUR ENSEIGNEMENT

La relation des faits suivants impose les seules conclusions auxquelles je me rends.

Dès la première observation, les bases de la méthode classique se sont avérées entachées d’erreur et une autre notion s’est fait jour.

Les remarques faites ensuite, abondent dans le même sens ; en outre, elles amènent à considérer des cas pathologiques, jusqu’ici classés dans le domaine de l’arthrologie, comme ayant même origine que les déviations et ressortissant de le Kinésithérapie.


A LES DEVIATIONS DANS LE SENS ANTERO-POSTERIEUR

 

1° LA CYPHOSE.

Traitement d’un sujet du type longiligne, atteint, selon le diagnostic du rhumatologue, d’une cyphose dorsale

Le malade était apparemment exempt de lordose et sa cyphose était considérable et si raide que ses bras pouvaient à peine s’élever au-dessus de l’horizontale. Il était dans un corset qui commençait à provoquer des plaies du fait des progrès constants de l’aggravation.

Aucun exercice « d’extension » n’étant possible et aucune pression n’agissant le moins du monde, je le plaçai en décubitus. Pour lui faire mettre le dos tout entier au sol, j’essayai d’appuyer sur les épaules. Afin d’y parvenir plus aisément, je lui fis mettre les mains aux épaules et m’efforçai d’amener ses poignets au sol et ses coudes près du corps. Bien qu’en raison de l’extrême raideur de la ceinture scapulaire, cette correction fut imperceptible, je vis se produire une lordose lombaire qui s’accentuait lorsque j’insistais sur la rectification scapulo-dorsale. En vue d’empêcher cette ensellure, je fléchis les genoux sur la poitrine, menton près du cou, en opérant sur les poignets, les genoux et le menton de fortes pressions .

Cette position, que j’appellerai « posture », était d’autant plus pénible que j’effectuais des pressions plus intenses ; des défenses, souvent inconscientes, en résultaient. Peu à peu les postures devinrent supportables et j’y ajoutai par la suite, l’élongation des ischio-jambiers et des adducteurs en maintenant les jambes tendues et écartées, les cuisses étant fléchies.

Je vis, à mesure que s’assouplissaient les « extenseurs », le dos se corriger et le sujet disait avoir « grandi » ne se voyant plus entièrement dans sa glace.

Ainsi, à l’encontre de tout ce qui m’avait été appris, en dépit de l’âge avancé du malade et du degré élevé du
dysmorphisme, la déviation était corrigée,et, c’était par l’élongation des muscles postérieurs. A l’exception de la rectification des épaules, j’avais traité cette cyphose comme une lordose totale et la raideur dorsale avait disparu avec celle des épaules.

La raideur articulaire du dos n’avait donc pas dû exister Ceci mettait en évidence les faits suivants ;

1° La correction du dos s’obtient par celle de la ceinture scapulaire, c’est-à-dire par la rotation externe des bras en adduction. La lordose lombaire en résulte.

2° La lordose lombaire est corrigée par la bascule du bassin en arrière, c’est-à-dire par la flexion des cuisses. La lordose cervicale en résulte.

3° La lordose cervicale est corrigée par le recul du menton.

Le mécanisme de ces répercussions s’explique ainsi.

La rectification de la courbure dorsale raccourcit les spinaux à ce niveau. Il s’ensuit que ces muscles subissent une traction au niveau des extrémités : inférieure du segment cervical et supérieure du segment lombaire. Le sacrum et l’occiput sont attirés l’un vers l’autre. La cyphose dorsale est le fait de l’attitude
de la ceinture scapulaire (et elle serait mieux appelée « cyphose scapulaire »), cette dernière attitude est la conséquence de la raideur des spinaux

La notion d’asthénie et de faiblesse, vis-à-vis de la pesanteur, comme étant à l’origine de la cyphose, est donc une erreur.

En conséquence le traitement basé sur cette donnée est à l’opposé de ce qu’il devrait être.
IL FAUT :
Assouplir les faisceaux supérieurs des trapèzes et les rotateurs internes des bras, et non les articulations des vertèbres dorsales.

IL FAUT

Allonger les spinaux et sur toute leur étendue et non

- les tonifier et les raccourcir par des flexions en arrière, du dos et de la tête avec opposition,

- ou chercher à les allonger exclusivement au niveau du segment qui, dans l’attitude debout, est lordotique.

Il faut :
Agir uniquement parallèlement à l’axe (vertical) du rachis, c’est-à-dire l’allonger
Et non
Perpendiculairement à cet axe en cherchant à enfoncer les convexités et à faire rebondir les concavités, sur une colonne vertébrale affaissée.

Réfléchissant encore à l’attitude vertébrale qu’impose la raideur des muscles des gouttières, une notion importante apparaît : à l’inverse de ce qui est enseigné, le rachis est raccourci en arrière de son axe tranversal et, au contraire, allongé en avant de cet axe. Le ligament commun vertébral est donc distendu.

Ainsi l’élongation totale vertébrale, en arrière dudit axe s’avère le remède des déviations vertébrales et l’on verra par la suite, que les postures la réalisent parfaitement.

2° LA LORDOSE LOMBAIRE.

Traitement d’une lordose lombaire diagnostic confirmé par l’examen du malade debout

Ayant assis le sujet au sol, les genoux fléchis à hauteur des épaules, je vis qu’il était tassé sur lui-même.
La lordose lombaire faisait place à une cyphose, étendue à la partie inférieure du dos, mais elle s’était reportée dans la région cervico-dorsale. Elle s’accentuait et s’étendait vers les dernières dorsales si les épaules étaient corrigées par la position des mains aux épaules (déjà décrite). Toutes ces courbures étaient rectifiées par une traction verticale sur la tête, exécutée en repoussant le menton vers le cou.
J’ai remarqué qu’il en est bien toujours ainsi du cou et des lombes dans cette position assise. Mais l’extrême raccourcissement des faisceaux supérieurs des trapèzes et des rotateurs internes du bras ne permet pas toujours de mettre les mains aux épaules. Dans ce cas le dos reste en cyphose et la traction verticale sur l’occiput ne peut qu’en atténuer la convexité.

Cette observation, confirmant les conclusions de la précédente, les mêmes postures furent appliquées à ce cas avec le même succès.
Elle met nettement en évidence la liaison des correction la cyphose attitudes scapulaire et vertébrale :
Dans le premier cas de, la dorsale (par celle de la ceinture scapulaire) amenait une lordose lombaire ;
Dans le second cas, la correction de la lordose amenait une cyphose (due à l’élévation des épaules en avant) ;
Dans les deux cas, la tête avançait et la nuque se creusait. Tous deux étaient corrigés par les mêmes postures.

J’insiste donc sur la nécessité d’agir simultanément sur la ceinture scapulaire et les extrémités du rachis

3° L’ EXAGERATION DES COURBURES

Traitement d’une cypho-lordose, diagnostic confirmé par l’examen du malade debout.

L’attitude assise, mains aux épaules, décrite dans la deuxième observation, accusait, au lieu de l’exagération des courbures dorsale et lombaire diagnostiquée, une inversion de ces courbures. Le dos n’était en cyphose que lorsque la correction scapulaire était abandonnée, les bras tombant librement.

Cette observation, confirmant la précédente, le même traitement, encore appliqué à ce malade, fut également correctif.

Le terme de « cyphose » ne devrait pas être appliqué à ces cas mais à ceux, extrêmement rares du reste, qui marquent un degré beaucoup plus avancé de la déviation. La raideur des muscles de la ceinture scapulaire est alors telle qu’elle empêche la rectification dorsale (c’est le cas relaté dans la première observation). Encore serait-il mieux de dire « cyphose scapulaire ».

Je n’ai rencontré de vraie cyphose, c’est à dire comportant une flexion de segment dorsal, que chez un sujet dont les vertèbres dorsales étaient cunéiformes. La radiographie mettait en évidence la hauteur, plus grande en arrière qu’en avant, des corps vertébraux. Cette cyphose était accompagnée et exagérée par des lordoses cervicale et lombaire. L’élongation des spinaux a abouti au résultat que j’avais annoncé : du fait des vertèbres cunéiformes le dos est encore convexe lors de la flexion en avant mais debout ou assis droit, la cyphose est corrigée.

4° LORDOSE TOTALE

Traitement d’une lordose totale, coexistant avec un enfoncement sternal, une hypertrophie de la région inférieure du thorax, des omoplates décollées et un ventre prolabé.

Alors que j’appliquais encore la méthode classique, j’avais établi pour ce malade une série d’exercices s’adressant séparément à chaque déformation.
Pensant rectifier la lordose en renforçant la paroi abdominale, j’avais fortement musclé cette dernière par les exercices suivants à partir du décubitus :

- les flexions du tronc en avant ;

- les élévations des membres inférieurs à partir de 45 degrés, le dos étant arrondi par l’appui sur
les coudes
Pendant ces exercices, les épaules montaient. En station debout, malgré la grande tonicité de la sangle abdominale, le ventre était toujours en avant tandis que la lordose s’était aggravée. Je cherchai alors à rectifier le dos, sans muscler d’avantage la paroi abdominale et essayai les flexions en avant dans l’attitude debout. La lordose se corrigeait alors dans les régions lombaire et dorsale, mais demeurait à la nuque, tandis que les omoplates décollaient davantage et qu’il était impossible de faire baisser les épaules.

Les suspensions capitales ne parvinrent pas non plus à corriger ce malheureux rachis.

Le sternum étant enfoncé, je fis effectuer des inspirations costales supérieures mais, tandis que le transverse creusait les dernières côtes s’écartaient et l’épigastre se projetait en avant, faisant apparaître un estomac énorme, cependant que les épaules s’élevaient en se portant en avant et que la tête avançait et tendait à basculer en arrière, dessinant sous la nuque un triangle concave.

Il était impossible de faire contracter la portion sus-ombilicale du transverse, ni de faire baisser les épaules pendant la contraction de ce muscle. J’essayai les autres types respiratoires, qui eurent les mêmes effets ; sans succès furent encore des inspirations costales supérieures en position assise, les bras écartés en croix et fixés pour faire intervenir le grand pectoral et soulever le sternum.

Le jour seulement où j’abandonnai ces exercices classiques pour effectuer, par des postures, l’élongation des spinaux, des faisceaux supérieurs, des trapèzes, des ischio-jambiers et des adducteurs, et où je vis s’annoncer l’ amélioration.

Je repris les exercices abdominaux, mais en décubitus, les mains aux épaules, coudes au corps, poignets au sol, le menton maintenu près du cou, le transverse étant contracté au maximum ! le sujet effectuait des mouvements alternés des membres inférieurs à partir du sol. L’effacement de l’abdomen, dans la position debout s’en suivit.

Ceci confirme : que l’élévation en avant des épaules est l’effet du raccourcissement des spinaux et qu’en conséquence la rectification du rachis seul, parce qu’elle provoque une traction sur les muscles des gouttières, aggrave la ceinture scapulaire. Réciproquement la seule correction des épaules produit l’inversion du segment dorsal et l’exagération des segments adjacents.

Aucun exercice n’est donc efficace s’il ne s’adresse simultanément à la ceinture scapulaire et au rachis.

En outre ceci montre que :

1° la forme thoracique est liée à l’attitude rachidienne. On voit l’importance de l’erreur commise en prescrivant, pour améliorer la cage thoracique, des exercices respiratoires nombreux exécutés sur des mouvements libres d’extension.

Les exercices respiratoires ne sont salutaires que s’ils sont effectués sur l’élongation totale du rachis et la correction de la ceinture scapulaire ;

2° la force des abdominaux ne corrige pas un ventre prolabé si elle n’est acquise par des exercices effectués dans une attitude visant à l’étirement total des spinaux et des faisceaux supérieurs des trapèzes et sur la contraction du transverse. C’est-à-dire que le raccourcissement des abdominaux est nécessaire à l’amélioration de la statique et à la normalisation de la morphologie.

5° L’ INVERSION DES COURBURES

Observation d’un cas diagnostiqué, d’après l’examen du malade debout :
Inversion des courbures.

Regardant le sujet se déshabiller, je vis qu’il fléchissait les genoux et se rejetait en arrière chaque fois qu’il avait à lever les bras. Une nette exagération des courbures en résultait, qui faisait place à l’inversion diagnostiquée.
Cette dernière n’apparaissait que dans l’attitude debout immobile, les bras tombant.

J’ai immanquablement vérifié, dans tous les cas quels qu’ils soient, cet effet de l’élévation des bras.

Les mêmes postures normalisèrent le rachis.

Ceci montre que l’examen du sujet debout, en vue du diagnostic ne peut mener qu’à des erreurs.

6° CONCLUSION

De ces observations il ressort qu’au mépris de la cyphose, et du niveau ou de l’évidence de la lordose, l’élongation simultanée des faisceaux supérieurs des trapèzes et des spinaux sur toute leur étendue, corrige les différentes déviations dans le sens antéro-postérieur.

Tous les cas de déviation, dans ce sens, comportent donc un raccourcissement des spinaux et leur élongation en constitue le traitement.

L’examen du malade debout visant à déterminer la déviation de chaque segment, en vue du traitement, est sans intérêt, sans compter qu’il conduit à un diagnostic faux. Cet examen n’a d’utilité (de même que les mesures que l’on prend) que pour vérifier les progrès au cours du traitement. Mais alors, il faut y ajouter, au cas où la déviation n’est pas apparente, l’observation du malade :

Dans ses mouvements libres, lorsqu’il « compense » en s’habillant et se déshabillant ;

Dans les exercices statiques, par exemple, lorsqu’il prend le garde-à-vous militaire ;

En posture, ce qui est le seul moyen d’apprécier la raideur des muscles des gouttières et de la ceinture scapulaire.

Fréquemment la position des mains aux épaules ne peut être correctement réalisée. Elle entraînera une lordose plus ou moins considérable, et la flexion des cuisses provoquera une élévation variable du menton. Le praticien qui « manipule » le malade éprouvera « ses défenses ». Enfin on verra, par la suite, tout l’intérêt que présentent les postures et l’importance du rôle du praticien.

B LES DEVIATIONS LATERALES

Traitement d’une scoliose en S

Ayant fait exécuter au malade un exercice asymétrique et l’observant attentivement de dos et de profil, je remarquai que si la déviation latérale se corrigeait bien, c’était au profit d’une lordose. Celle-ci s’explique par la traction latérale que produit, sur les muscles des gouttières, l’exercice asymétrique . Etant raides ils récupèrent dans le sens antéro-postérieur, ce qu’ils donnent latéralement.

L’élongation symétrique des spinaux sur toute leur longueur, effectuée en même temps que la correction des épaules, par les postures, produisit au contraire, la rectification cherchée, et la radiographie faite au cours du traitement, indiquera une amélioration des régions lombaires et cervicales (les premières atteintes par les postures dont la traction s’applique aux extrémités du rachis)

Ceci montre : Que la raideur des spinaux (dont la lordose, apparente ou non), est à l’origine des scolioses comme à celle des déviations dans le sens antéro-postérieur.

D’ailleurs il suffit de réfléchir au moyen classique usité depuis longtemps pour déterminer le degré d’une scoliose et qui consiste, le sujet étant debout, en une flexion du tronc en avant. Si, dans cette attitude, la scoliose est rectifiée elle est du premier degré, c’est-à-dire souple.

Ceci n’indique-t-il pas clairement que, tant que les spinaux sont encore extensibles, la traction symétrique, que produit sur eux cette flexion, suffit à effacer ce que leur faible raccourcissement a provoqué, et cette traction totale et symétrique des spinaux ne devrait-elle pas être la base de tout traitement raisonnable !


C LES DEFORMATIONS THORACIQUES

TRAITEMENT d’un thorax en entonnoir.

Un enfant, très chétif, âgé de 8 ans, après deux ans de gymnastique classique, présentait encore, selon les notes du chirurgien spécialiste, un thorax en entonnoir et un gros ventre.

Devant l’apparence irréductible de l’énorme déformation, le chirurgien décida l’opération mais sur les instances d’une de mes collègues, convaincue de mes opinions, l’intervention fut reculée : un délai de deux mois fut accordé pour tenter encore de normaliser ce thorax par une gymnastique appropriée.

Les postures furent appliquées au malade à raison de deux séances par semaine et des mouvements alternés des membres inférieurs effectués sur l’élongation du rachis et la contraction du transverse.

Plus tard, dans cette attitude, des inspirations du type costal supérieur furent ajoutées.

Non seulement l’opération fut évitée, mais l’enfant est maintenant normal.

Ceci confirme les conclusions de le IV Observation, à savoir :

- que la forme thoracique est fonction de celle du rachis et de l’attitude scapulaire, la statique influence donc la morphologie ;

-et qu’en conséquence les exercices respiratoires ne doivent être exécutés que sur l’élongation des spinaux, c’est-à-dire pendant les postures.

3° De l’ insuffisance respiratoire

Cette locution me paraît imprécise et ne signifie pas grand’chose. Si l’on entend par là exiguïté de la cage thoracique, i’ai remarqué qu’il est rare de rencontrer une poitrine étroite dans tous ses diamètres. Dans ce cas il suffit d’apprendre au sujet à ralentir, à pousser à fond les deux temps de la respiration et à pratiquer les trois types respiratoires.

Mais en réalité, l’on a toujours affaire à une altération de la forme du thorax dont certains diamètres sont trop développés par rapport aux autres ; souvent la capacité respiratoire est importante. L’attitude rachidienne est toujours défectueuse. Dans ce cas la gymnastique respiratoire, indiquée précédemment ne peut qu’augmenter la déformation. (Observations IV et VII).

D AUTRES EFFETS DE LA LORDOSE

A. Sur le Rachis

1° Cas de rhumatismes vertébraux

Un de mes parents, soigné depuis plus de vingt ans pour des rhumatismes vertébraux et que je persuadai, sur la foi de son aspect voûté, qu’il ne souffrait en réalité que d’une lordose, me prouva sa confiance (ou son désespoir) en se livrant à ma thérapeutique. Une séance par semaine d’élongation des spinaux parvint au bout de trois mois à faire disparaître ses « rhumatismes ».

2° Une jeune femme atteinte de « rhumatismes vertébraux »,

portait depuis 1940, selon la prescription du spécialiste consulté à cette époque, un lombostat. Mais son état n’en était nullement amélioré.

La cure à Aix n’apporta aucun changement. Au début de 1949, j’entrepris le traitement à raison de deux séances hebdomadaires. Deux mois plus tard, les douleurs ayant disparu, le corset put être abandonné. L’état général s’est depuis, extraordinairement amélioré.Il faut aussi noter que la morphologie, qui ne décelait pourtant aucune déviation vertébrale, a beaucoup gagné.

3° Une malade de mes amies dont les douleurs lombaires étaient attribuées à des rhumatismes et dont la radiographie accusait une décalcification vertébrale avec becs de perroquet et déchirure de ligament commun vertébral antérieur, présentait encore un enfoncement très marqué des dixième et onzième dorsales.

Les remèdes étant absolument inefficaces, je pensai que le mal venait de l’enfoncement de ces deux vertèbres.
Aussi me parut-il que seule la « chiropractie »était capable d’y remédier et je lui conseillai ce traitement par un spécialiste. Le résultat ayant été une aggravation des douleurs, la malade consulta un rhumatologue qui l’immobilisa dans un lombostat. Aucune amélioration n’en étant issue, le médecin traitant prescrivit une cure à Dax, ce fut sans effet.

C’est alors que, sûre de ma méthode, je lui proposai d’entreprendre son cas . En dépit de l’absence apparente de lordose, j’effectuai des postures, visant, non seulement à allonger les muscles des gouttières, mais encore à raccourcir le ligament commun vertébral antérieur.

Au bout de deux mois l’amélioration était si sensible que le corset n’était plus indispensable à la station debout ; les douleurs avaient disparu. Quant à l’enfoncement vertébral il était devenu imperceptible.

Ceci montre non seulement :

Que l’attribution aux « rhumatismes » des algies vertébrales est une erreur. Elles sont engendrées par le raccourcissement des spinaux et la lésion du ligament commun vertébral antérieur ;

Mais encore que ce comportement musculaire et ligamentaire peut exister alors qu’aucune lordose ni déviation n’apparaît ou qu’elles sont si légères que l’examen a peine à les déceler.

Les postures sont le seul moyen de s’en assurer ; en outre, elles sont capables de réduire des subluxations auxquelles la « chiropractie »ne peut remédier.

Ce fait est important ; il oblige à réviser l’idée que l’on s’est faite de l’évolution des déviations. Des cas considérés bénins masquent quelquefois une raideur musculaire plus grande que de gros dysmorphismes et méritent d’être soignés avec autant d’attention.

C’est donc une erreur de faire pratiquer à des sujets ne présentant qu’une « attitude asthénique » de la gymnastique autre que médicale.

B. Sur les Membres

1° Cas d’Arthrite des épaules. .

Le malade âgé de 55 ans était atteint depuis 5 ans de raideur des bras et souffrait surtout de l’épaule gauche.

Pendant son observation à l’hôpital, il y a deux ans, les radiographies du rachis et des épaules, et de nombreuses analyses, ne révélèrent quoi que ce soit.

Les injections iodo-sulfurées, la cure à Dax, la mécanothérapie, le massage, qui furent successivement pratiqués, n’amenèrent pas la moindre amélioration.

L’examinant debout, je vis que les courbures vertébrales paraissaient toutes effacées ; la raideur cervicale était frappante. Il ne pouvait tourner la tête et devait se tourner tout d’une pièce pour regarder à droite et à gauche.

En décubitus la position des mains aux épaules était très imparfaite et douloureuse, surtout à gauche. Elle provoquait une énorme ensellure, étendue jusqu’au niveau des omoplates et la tête se renversait en arrière.

En dépit du supplice que constituaient les postures, le malade eut le courage de les subir et s’en trouva rapidement soulagé.

Ceci montre que le comportement des muscles des gouttières réagit sur les articulations des membres et que l’attribution aux « rhumatismes » des arthrites est une erreur.

2° Cas de Névralgie Sciatique.

Le malade avait ressenti la première crise aiguë dix ans auparavant.
La névralgie devint chronique et ne céda à aucune thérapeutique : les injections de calcium, de soufre et d’iode, les applications de chaleur, l’électrothérapie, la pénicilline furent successivement tentées sans résultat ; En mai1948 le patient fut radiographié et l’image révéla un pincement discal à gauche, entre la 4e et 5e vertèbres lombaires. La « chiropractie »fut donc appliquée mais les séances étaient si pénibles et engendrèrent une telle aggravation que le malade abandonna le traitement après douze manipulations alors qu’il lui était encore prescrit dix-huit.

Dès la première séance de postures, un net soulagement survint et le malade put dormir et même marcher quelques minutes. Après huit séances, la radiographie accusa la correction vertébrale.

Ceci montre que les subluxations vertébrales ou discales, même d’origine traumatique, comportent une rétraction des muscles des gouttières. C’est donc une erreur de manipuler les articulations que les contractures musculaires maintiennent en attitude vicieuse. Seule l’élongation musculaire peut y remédier.

3° Traitement d’une lordose coexistant avec un Genu-Valgum.

J’ai eu la surprise de voir le genu-valgum se corriger alors qu’aucun exercice ne s’y adressait particulièrement.

4° Traitement de Scolioses Statiques.

J’ai vu plusieurs enfants, les membres inférieurs s’égaliser au cours du traitement : notant ce fait, je l’attribuai à la croissance.

Or je soigne actuellement un sujet âgé de 35 ans atteint d’une scoliose statique, et qui accusait une différence de 2 cm. 5 des membres inférieurs. Après 4 mois de traitement, alors que la scoliose s’est améliorée, la longueur des membres inférieurs ne présente plus qu’une différence de 1 à 1cm,5

Ces deux dernières observations indiquent que le comportement des spinaux influence l’attitude des membres, à l’encontre de ce qui est classiquement admis, ce qui explique que le port de hausse-pied ne puisse guérir les scolioses statiques.

E DES PIEDS PLATS

J’ai cité plus haut, les raisons qu’on en donne et comment on pense y remédier en s’adressant à la seule voûte plantaire. Pourtant, déjà bien avant la guerre, le DR SHOTT avait observé que le calcanéum s’incline sur sa face interne lorsque le pied s’aplatit et qu’il suffit de redresser le talon pour que la voûte réapparaisse. S’adressant donc à la cause et non à l’effet, il a construit un appareil étayant le sustentaculum-tali Il semble que cette géniale découverte ait passé presque inaperçue ! Pour ma part, ne voyant aucun muscle s’insérant sur le calcanéum susceptible d’en relever la face interne (je ne compte pas la digitation du jambier postérieur sur la petite apophyse, qui serait insuffisante et qui est sans doute inconstante, les anatomistes ne la mentionnant pas tous), je pense que l’inclinaison de l’arrière tarse du côté interne ne peut être due qu’au porte-à-faux de la mortaise tibiopéronière sur l’astragale. L’attitude vicieuse du membre inférieur étant provoquée par celle du rachis, c’est à
celui-ci qu’il faut s’adresser pour corriger les pieds plats.

F CONCLUSION

Pour résumer l’enseignement de ces faits il faut attribuer à l’enraidissement des muscles des gouttières :

Les déformations thoraciques non traumatiques ou rachitiques.

Toutes les algies vertébrales dites : »rhumatismales ».

Les torticolis, lombagos, etc….

Les pincements discaux et subluxations vertébrales.

Les algies dites « arthrites-rhumatismales » à l’exception des rhumatismes infectieux.

Les inégalités ou attitudes vicieuses des membres, et, vraisemblablement les pieds plats.

Je pense même que la lésion du sus-épineux, que l’on donne comme l’origine de la périarthrite fibrosante de l’épaule, et que l’on attribue au rôle de suspenseur du bras que joue ce muscle et pour lequel il ne serait pas fait, est bien plutôt la conséquence de l’attitude vicieuse du moignon de l’épaule. Cette attitude est provoquée par le raccourcissement des spinaux. De même que les membres inférieurs, les bras sont affectés par le comportement rachidien.

CHAPITRE III

LES DONNEES SCIENTIFIQUES

Tous ces faits peuvent surprendre et ils ne manquèrent point de m’étonner lorsqu’ils m’apparurent.

Il est donc nécessaire de se reporter aux plus récentes données scientifiques relatives à la position debout, aux mouvements et à leurs effets sur le rachis.

Ces données sont exposées par Vandervael dans l’ouvrage intitulé :
« Analyses des Mouvements du Corps Humain »

A. LA POSITION DEBOUT ET L’ ATTITUDE DU RACHIS DANS CETTE STATION.

Il existe, dans cette attitude, trois comportements :

- la station verticale
- la station normale
- la station de garde-à-vous militaire

1° La station verticale est possible et n’exige aucune contraction des muscles du tronc(donc la pesanteur ne tend pas à fléchir le corps en avant), mais le centre de gravité tombant alors entre les deux talons, le polygone de sustentation est réduit à leur pourtour. Du fait de l’exiguïté de cette base l’équilibre est instable et la station verticale n’est jamais adoptée.

2° La station normale utilise donc toute la plante du pied pour polygone de sustentation, ce qui donne une plus large base mais il faut alors avancer le centre de gravité en laissant le ventre aller en avant, puis en rejetant le dos en arrière(d’où l’ensellure lombo-dorsale) et en avançant le cou et la tête ; afin de permettre au regard d’être horizontal, la tête bascule en arrière(d’où la lordose cervicale). L’équilibre est alors très stable et n’exige aucune contraction musculaire.

Il faut noter que deux plans verticaux antérieur et postérieur, tangents au corps, seraient en contact avec celui-ci le premier au niveau de l’ombilic, le second à hauteur des omoplates.

Ainsi, en dépit de ses courbures, le rachis présente alors deux concavités postérieures : l’une lombo-dorsale regardant en bas : l’autre dorso-cervicale regardant en haut.

La région apparemment voûtée est le point de jonction de ces deux concavités. Elle est située au niveau des omoplates ; celles-ci en exagèrent l’aspect.

Ceci explique pourquoi le traitement classique, qui croit remédier aux cyphoses par les « exercices d’extension » se heurte à la « zone ingrate ».

Ces exercices ont pour effet d’accentuer le rejet du corps en arrière, ce qui entraîne l’exagération, par compensation, de l’attitude du cou et de la tête.
Les concavités lombo-dorsale et cervico-dorsale s’allongent et leur point de jonction se confirme. Il n’est donc point de zone « ingrate » mais une zone nécessaire à l’équilibre debout.

La station normale, qui diminue la hauteur de la taille, est d’autant plus stable qu’elle est exagérée. On l’appelle alors l’attitude asthénique, ce qui est impropre puisqu’elle n’est que l’accentuation d’une position normale ne nécessitant point de contraction musculaire. (Il faut donc trouver l’explication de cette aggravation).

Si la station normale n’exige aucune force des muscles postérieurs, elle met, par contre, en tension le ligament commun vertébral antérieur qui, dit Vandervael, peut à lui seul soutenir le poids du tronc.

On comprend alors qu’il se trouve lésé et puisse se déchirer et aller jusqu’à s’ossifier.

3° Le garde-à-vous militaire enfin, ou position de départ debout de gymnastique (statique), ou encore position correcte, utilise toute la plante du pied pour base de sustentation mais, exigeant la hauteur de taille la plus grande, toutes les courbures vertébrales, doivent être atténuées. Le centre de gravité ne peut être avancé par la projection du ventre en avant qu’il faudrait compenser ensuite en tassant le rachis. Tout le corps se penche donc en avant, d’un bloc. Il est retenu par la contraction des grands fessiers et des muscles des gouttières, mais les courbures vertébrales étant atténuées, ces derniers effectuent un travail excentrique. Les fléchisseurs de la tête (sus et sous-hyodiens, sterno-cleido mastoïdiens et prévertébraux) sont contractés, ce qui fait que leur action, ajoutée à celle des grands fessiers, produit sur les deux extrémités du rachis une traction qui en allonge les courbures. Le transverse efface l’abdomen tandis que les faisceaux inférieurs des trapèzes, les adducteurs et rotateurs externes des bras (petit doigt sur la couture du pantalon) effacent la courbure dorsale en faisant bomber le torse. Ces muscles opèrent sur les spinaux une traction concentrique au niveau de la ceinture scapulaire. Ce comportement exige : la souplesse intégrale des « extenseurs » puisque la contraction de ceux-ci (d’ailleurs minime) est excentrique, et le « sens musculaire » pour maintenir ces différents muscles contractés.

N’étant pas vertical, le corps ne pourrait, comme on le croit être en contact avec un mur par les mollets, les fesses, le dos et la tête.

Cette position, la seule correcte, est somme toute une attitude artificielle, difficile à réaliser, et, que seules les recrues du service militaire et les fervents de gymnastique statique prennent (où plutôt, essayent de prendre)

Examinant ces trois positions debout, on voit que la force des spinaux n’a pas à intervenir dans la station verticale, ni dans la station normale mais seulement et pour une faible part, dans l’attitude artificielle. (ce sont surtout les grands fessiers qui interviennent alors) Par contre leur souplesse est indispensable à cette attitude, du fait que leur contraction est statique excentrique.

Dans la position normale debout, le rachis est tassé : ses deux concavités postérieures occupant la plus grande partie de son étendue, il est :
- raccourci, en arrière de son axe transversal
- allongé en avant de cet axe

Ce ne sont donc pas les « possibilités d’extension »(« c’est-à-dire de flexion en arrière) qui sont réduites, mais celles de flexion en avant.

Ceci découle d’ailleurs du fait que le segment dorsal est fort peu flexible. Vandervael indique en effet, pour chaque segment vertébral, les mesures d’angle suivantes, entre l’extrême flexion et l’extrême extension :

135 à 150 degrés pour la tête et le cou.
70 degrés pour les lombes
45 degrés seulement pour le dos

Ce peu de flexibilité en avant du segment dorsal explique les conclusions de l’observation III, à savoir :

- que la cyphose dorsale vraie n’existe qu’en cas de vertèbres cunéiformes et

- que l’apparente cyphose est en réalité le point de jonction de deux lordoses et qu’il ne s’agit effectivement, dans ce cas, que d’une cyphose scapulaire.

On admettra d’autant mieux encore la lordose comme l’origine des déviations, si l’on considère que non seulement, l’attitude debout normale la provoque, mais encore, qu’aucun mouvement de grande amplitude des membres et du tronc, ne peut être effectué sans une compensation lordotique.

En effet l’élévation des membres supérieurs n’est possible que jusqu’à 150 à160 degrés. Au-delà de cette angulation une lordose est nécessaire. Leur rotation en dehors provoque l’effacement ou l’inversion dorsal (donc la lordose). Les articulations coxo-fémorales ne permettent que l’abduction jusqu’à 45 degrés et la rotation externe jusqu’à 60 degrés (à partir de l’extrême rotation interne).

La lordose, inévitable au-delà de ces angulations, peut se produire à des niveaux différents.
C’est ainsi que l’école italienne de danse classique adopte l’ensellure lombaire, tandis que l’école française l’atténue aux lombes pour l’étendre à la région dorsale.

Ce sont d’ailleurs ces lordoses, obligatoires pour les danseurs et acrobates, qui sont à l’origine des déviations si fréquentes chez eux.

En ce qui concerne l’amplitude des mouvements du tronc le peu de flexibilité en avant de la région dorsale et, par contre, la constance et l’importance de la cyphose scapulaire (correspondant à la lordose cervicale qu’elle dissimule), sont mises en évidence par les exercices suivants :

1° Assis au sol, les jambes étendues, les bras en avant, le sujet se fléchit pour toucher ses pieds. Le dos paraît alors en cyphose très prononcée.

En réalité il n’existe qu’une cyphose scapulaire masquant une lordose cervicale et des premières dorsales très accentuée et parfois (lorsque les ischio-jambiers sont assez souples pour permettre une plus ample flexion du bassin) une lordose lombaire. La flexion s’effectue au niveau de la coxo-fémorale mais on s’y trompe tant la convexité dorsale est frappante. Le tronc n’exécute pas une flexion mais une inclinaison. L’exercice suivant en est la preuve :

2° Assis au sol, les jambes étendues, le menton près du cou, le regard horizontal, en essayant de « faire bomber la nuque » et d’élever l’occiput, les mains aux épaules, coudes au corps, poignets en dehors pour éviter l’élévation de la ceinture scapulaire, le sujet tendant à se grandir.

La flexion du corps (en conservant la position de la tête et des mains) sera à peine perceptible car elle mettra en tension les spinaux ; plus ils sont raides, moins l’exercice sera aisé. La position du départ même, ne pourra être prise par beaucoup.

Cet exercice met en évidence non seulement que l’ample « flexion » du tronc n’est possible qu’au prix d’une lordose – et de son complément la cyphose scapulaire- , mais encore que lorsque l’on produit une traction sur toute la longueur des spinaux et sur le faisceau supérieur du trapèze, ni la lordose, ni la cyphose ne sont possibles.

Ceci explique pourquoi les différentes déviations dans le sens antéro-postérieur sont guéries par l’assouplissement de ses muscles.

Il faut remarquer que, de ces deux exemples,

Le premier est un exercice « libre » dont la position de départ n’exige pas de contraction musculaire. Il peut même être exécuté avec élan et ne sollicite guère que la souplesse des ischio-jambiers. Il réalise une inclinaison et non une flexion.

Le second est un exercice statique du fait de la contraction préalable des fléchisseurs de la tête et des faisceaux inférieurs des trapèzes.

En dépit de son peu d’amplitude, il exige une grande souplesse des muscles des gouttières et une grande force de ceux qui les allongent, en même temps qu’un sens musculaire entraîné et une forte concentration d’esprit.

A cause de l’aspect de ce genre d’exercice, qui est la caractéristique du vrai travail statique, des ignorant
qualifient cette gymnastique de « raide et ennuyeuse »

Cette compensation vertébrale, obligatoire pour l’équilibre debout naturel et pour l’amplitude des mouvements, me paraît expliquer la formation des courbures cervicale et lombaire, chez l’homme.

Comparant la direction de la glène de l’omoplate et du cotyle sur les squelettes humain et simiesque, j’ai remarqué en effet que chez le singe l’orientation de ces cavités paraît permettre des mouvements de très grande amplitude. D’autre part, l’attitude debout, sans appui des mains est exceptionnelle chez eux. Je pense donc que ce sont les raisons pour lesquelles ils conservent l’unique convexité postérieure vertébrale que présente aussi l’homme à la naissance.

B CONCLUSION

Les déductions des observations correspondent bien aux données scientifiques et l’on est amené à admettre que tout être bien portant est lordotique qui s’ignore et qu’il sera fatalement atteint, tôt ou tard, par les déviations ou les douleurs. Mais cela n’est point exagéré.

En effet, si l’on admet :

1° Que l’extensibilité, comme la force musculaire du reste, doit être entretenue sous peine de se perdre ;

2° Que, lorsqu’une articulation est constamment maintenue dans la même position, il se produit une raideur des ligaments dont les insertions sont rapprochées et une laxité de ceux dont les insertions sont éloignées.

L’on conviendra :


1° Que les muscles et ligaments postérieurs à l’axe transversal se raidissent et

- que ceux antérieurs à cet axe (ligament commun vertébral antérieur, pré-vertébraux, sus et sous-hyoïdiens), abdominaux (principalement grands droits) sont distendus ;

2° que ce comportement ligamentaire et musculaire tend à s’accentuer sans cesse. Avec la vieillesse, la raideur, et la voussure apparaissent de façon frappante. Les rhumatismes sont aussi l’apanage de l’âge. On remarque encore la flétrissure de la partie antérieure du cou et du ventre (par suite de la distension de leurs muscles). Pour qu’il soit autrement il faudrait que des attitudes ou des mouvements naturels agissent sur le rachis, à l’inverse de la position debout, mais il n’en existe pas et l’on a vu que les attitudes capables d’allonger le rachis en arrière de son axe postérieur (position de garde-à-vous militaire, posture, suspension capitale en position assise), sont artificielles et d’une réalisation difficile.

L’attitude dite « asthénique » étant une exagération de l’attitude normale, elle marque le premier degré de cette évolution qui aboutira aux dysmorphismes, aux coincements vertébraux et aux algies observées précédemment

Ainsi ce n’est pas la cyphose qui engendre les déviations

Ce n’est pas non plus la faiblesse des extenseurs qu’il faut incriminer et combattre mais leur raideur.

D’autre part, la normalisation de la morphologie, constatée à la suite du traitement, quels que soient le cas et l’âge du sujet, permet d’entrevoir la raison pour laquelle le genre humain semble si peu favorisé du point de vue esthétique. Le « Type franc » c’est-à-dire harmonieux est, en effet, une exception. Le niveau et l’étendue de la lordose déterminent des types morphologiques que l’on atténue par l’élongation vertébrale. Les déformations consécutives à la grossesse sont encore dues à l’exagération de l’ensellure pendant cette période.

C DE LA METHODE : SES BUTS - SES MOYENS

Les notions sur l’origine des déviations, celles relatives à la cause des algies précédemment envisagées, étant établies, le traitement qui en découle est, théoriquement, très simple. Il vise, quel que soit le cas, à allonger le rachis pour en effacer toutes les courbures. Il s’adresse, simultanément et en sens inverse, aux plans antérieur et postérieur à l’axe transversal de la colonne vertébrale.

Dans le plan antérieur, il tend à :

Raccourcir verticalement le tronc et allonger transversalement au niveau de la ceinture scapulaire

Dans le plan postérieur, il tend à :

Allonger verticalement le tronc et à le raccourcir transversalement au niveau de la ceinture scapulaire

En conséquence, les muscles à assouplir sont les spinaux, post-cervicaux, faisceaux supérieurs des trapèzes, ischio-jambiers, grands pectoraux et rotateurs internes des bras, adducteurs.

Leur élongation, d’abord passive, sera l’œuvre des postures qui constitueront la première partie du traitement.
Elle sera active dans la deuxième partie du traitement qui comportera l’entraînement et le raccourcissement des muscles capables d’allonger ceux précités, à savoir : les pré-cervicaux, sus et sous-hyoïdiens, sterno-cleido-mastoïdiens, abdominaux, quadriceps, fléchisseurs du pied, faisceaux inférieurs des trapèzes, rotateurs externes des bras, grands fessiers.

D CONCLUSION

La thérapeutique enseignée et appliquée jusqu’à présent, échoue parce qu’elle a été conçue d’après des raisonnements fondés sur l’explication illusoire de l’attitude debout.

Une fois de plus, les procédés anticartésiens se trouvent confondus par l’observation, attentive et sans idée préconçue, des faits. On voit que, rapporté aux récentes analyses de la statique corporelle, l’enseignement, découlant des faits ainsi notés, leur correspond en tous points. La réalité est à l’opposé de ce dont on est, à tort, persuadé. Les résultats acquis par les moyens classiques (qui en condamnent la méthode) et ceux que j’obtiens depuis que l’expérience m’a conduite à agir en sens contraire, sont la preuve éloquente que l’on s’est fourvoyé jusqu’ici.

Alors que l’atonie est le principal comportement anormal auquel on s’est attaché, c’est la raideur musculaire qui est néfaste et qu’il faut attaquer en premier.

Alors que l’on croyait pouvoir allonger partiellement les spinaux (et n’avoir à faire que dans certains cas seulement) il s’est avéré que ce résultat est impossible, que c’est toute l’étendue de ces muscles qu’il faut agir et que ce but unique est à rechercher dans tous les cas ;

Donc, tandis que tout se ramenait à l’atonie partielle ou totale des spinaux, et qu’en conséquence, une foule de cas et de procédés thérapeutiques était envisagée, tout doit être ramené à la raideur de ces muscles et, en conséquence, un seul cas (la lordose) est à considérer en sorte que l’élongation totale du rachis est le seul moyen curatif des déviations.

Alors que l’on visait à raccourcir le tronc en arrière de l’axe transversal vertébral et à allonger, de ce fait, les muscles antérieurs du cou et de l’abdomen (dont on recherchait le travail excentrique), c’est l’allongement du tronc en arrière de l’axe transversal vertébral et le raccourcissement des muscles qu’il faut réaliser.

Alors que le comportement anormal des spinaux (que l’on croyait atoniques) était regardé comme susceptible de produire seulement des déviations vertébrales et qu’on croyait toujours dénoncé par celles-ci, il est maintenant avéré que, non seulement, le comportement anormal de ces muscles (qui est la raideur), engendre outre les déviations, quantité de maux dont j’ai parlé plus haut mais, encore qu’il n’est pas toujours visible et qu’il faut généralement recourir aux postures pour le déceler.

Alors que l’attitude des membres inférieurs et du bassin est considérée comme influençant celle du rachis, c’est au comportement vertébral qu’il faut attribuer un effet sur le bassin et les membres.

A l’inverse de ce qui est admis et pratiqué, la thérapeutique que je préconise est aussi simple dans sa théorie qu’elle est délicate dans son application.

Il faudra donc, non seulement étendre le domaine de la Kinésithérapie et y inclure les cas dits « Attitudes asthéniques », « paramorphismes », les déformations consécutives à la grossesse, les exagérations de types morphologiques, et les algies dont il a été question plus haut, mais encore réduire son application aux seules kinésithérapeutes. Ces derniers devront se consacrer à l’unique pratique de cette spécialité. En outre, il sera indispensable de réviser l’enseignement qui leur est donné.

Cependant, ce qui amène ces lignes n’est pas l’attrait de la critique pure de ce qui se fait : d’une part, forte de l’amour de ma profession, je ne puis admettre que, parce qu’elle est mal comprise, la gymnastique soit considérée comme un moyen hasardeux de traiter les déviations. D’autre part, je ne puis penser sans effroi aux malheureux qui subissent les conséquences de cette ignorance. A ceux qui, souffrant dans les corsets, dormant sur des planches ou dans des coquilles, endurant des manipulations souvent brutales, consacrant temps et argent à la gymnastique, aboutissent à la greffe qui fera de leur rachis une tringle rigide !! A ceux enfin, qui ne peuvent vivre et travailler normalement, ceux-là mêmes qui ont tenu à guérir, qui s’y sont employés avec le plus de persévérance, et qui, pour cela précisément, sont devenus des infirmes…

Espérant leur être utile, je souhaite que les techniciens expérimentent, avec le contrôle de la radiothérapie, la méthode que dix années de travail m’ont enseignée.

Pour celui-ci, j’ai pensé qu’à la veille de ce trentième anniversaire, il était judicieux d’y trouver le texte de ma première publication qui est épuisée depuis longtemps. Edité à la suite de mon observation princeps, après deux ans de vérification des lois dégagées, et bien que la méthode soit maintenant considérablement enrichie, ce message reste intégralement la base de la méthode.

Et, puisque nous revenons à nos principes fondamentaux, mon collaborateur et ami vous propose l’examen des phénomènes utilisés dans l’industrie pour former les substances plastiques dont nous voyons que le muscle ne comporte comme la matière inanimée et que nous le traitons semblablement pour le réformer.

Enfin j’adresse mes remerciements aux adeptes qui, en ce début d’année, m’ont adressé des vœux et à tous, je dis mes souhaits les plus cordiaux de santé et de bonheur.

F. Mézières